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Cooked

24 février 2016

Une fois de plus, Netflix m’a séduite avec une série documentaire absolument fabuleuse qui vient tout juste de sortir sur la plateforme populaire de « streaming ».

Eh pis oui, on parle encore de cuisine, mais attention, encore une fois il ne faudrait surtout pas confondre des pommes avec des oranges. Cette série éducative est construite et pensée de façon aussi intelligente que la série « Chef’s Table » pour laquelle j’avais fait l’éloge dans un de mes articles au printemps 2015.

Cooked est une série de 4 épisodes d’une heure sur l’histoire de la cuisine, mettant en toile de fond les 4 éléments (le feu, l’eau, l’air et la terre)….chaque épisode est alloué à un de ces 4 éléments et animé par Michael Pollan, un journaliste activiste et auteur de plusieurs livres proposant un regard éveillé sur la culture autour de la façon de se nourrir et sur l’histoire de la cuisine.

On commence avec le « feu », mettant en vedette une tribu aborigène de l’Australie, les Martu, qui doivent leur survie à la maîtrise de la cuisson dans la braise, ainsi qu’un maître du barbecue traditionnel en Caroline du Nord qui nous relate l’importance de la découverte de la cuisson dans des barbecues à fumée, au sein de leurs communautés. Mais, surtout, on nous rappelle l’importance de la découverte du feu en nous expliquant qu’on lui doit l’existence. C’est effectivement à partir du moment où on a découvert le feu que la cuisson a été possible et donc que la transition du singe à l’homme s’est réellement fait. Les êtres humains, étant les seules créatures conçut pour manger de la viande cuite.

Dans le deuxième épisode, c’est au tour de « l’eau » d’alimenter notre réflexion. On pense avec nostalgie aux mets traditionnels cuisinés par nos mères et nos grands-mères, dans ces gros chaudrons en fonte émaillée dans lesquels on laissait bouillir de l’eau et des légumes pour en faire une soupe ou un bouilli, alors qu’aujourd’hui on ne prend même plus le temps de cuisiner. On nous apprend qu’en 2015 aux États-Unis, la moyenne du temps alloué à la cuisine était de 27 minutes par jour contrairement à 60 minutes en 1950. On parle également de l’arrivée de la nourriture transformée et des mets industriels dans notre quotidien, qui à pris de l’ampleur au moment où les femmes se sont émancipées. Ces femmes qui se sont retirées des cuisines et qui ont laissé la place aux compagnies comme Spam et Campbell, et par le fait même, au gras trans, au sucre nocif et au sodium, responsable d’un trop grand nombre de maladies.

On met ensuite la lumière sur « l’air », élément essentiel dans la fabrication de la vedette de cet épisode; le pain. On se déplace vers le Maroc où ce dernier partage le même nom que celui de « vie »….Tout à fait cohérent, sachant que le pain sauve encore de nombreux peuples de la famine. On appuie ensuite ce simple fait en expliquant que si on donne un sac de farine et de l’eau à un humain, il pourra survivre un moment, mais finira par mourir, par contre, si ces mêmes ingrédients sont transformés en pain, il pourra vivre une vie entière sans problème, surtout s’il est rempli de nutriments comme la recette développée par  un maître du pain au levain, Richard Bourdon, que nous rencontrons ensuite. Il nous explique qu’il choisit d’opter pour la méthode de fermentation (levain) plutôt que de se servir de levure dans la fabrication de son pain parce que c’est les bactéries dans la fermentation se chargent d’éliminer les glucides et féculents qui permettent au pain d’être digeste (démystifiant du coup l’origine de nos « maux » associés au gluten).

Et finalement c’est au tour de la terre. On nous parle donc de fermentation parce que la terre a un rôle crucial à jouer dans ce processus vieux comme le monde, qui servait à l’origine à conserver les aliments par la transformation des sucres en acide et en gaz. Par contre, la fermentation ne s’est pas avérée être seulement une méthode de conservation, elle favorise également la multiplication des vitamines et nutriments et met au monde une quantité infinie de saveurs. Étant la seule façon de transformer les aliments sans l’aide du feu, la fermentation reste une technique encore très répandue, on apprend même qu’elle est à l’origine du tiers de la nourriture que nous achetons; salami, prosciutto, bière, chocolat, ketchup, fromage…en sont des exemples. Dans cet épisode nous allons jusqu’à faire l’analogie de notre amour/haine pour une odeur et un goût parfois déstabilisant, mais attirant, en nous proposant la possibilité d’une démarche inconsciente de l’humain qui serait d’apprivoiser l’idée de la mort en faisant la paix avec l’odeur et le goût de moisissure. Une réflexion qui n’a rien de banal!

Tous ces thèmes décortiqués avec soin et respect, laissant place à des réflexions judicieuses et avant-gardistes, enrichies par des images colorées et vibrantes, ne peuvent nous laisser indifférents.

C’est ce que j’appelle de la télé intelligente et évolutive!!! Il nous en faut plus des Michael Pollan!!!

 

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