Quand ma mère a eu 70 ans cette année, j’ai eu envie de lui offrir un cadeau qui sorte de l’ordinaire, je voulais susciter un moment exceptionnel et unique… ma réflexion était ambitieuse au point de vouloir en faire une page dans son histoire, je voulais lui offrir des images, des odeurs et des émotions auxquelles elle n’avait jamais eu accès, et surtout, je voulais que nous vivions quelque chose de mémorable ensemble, un cadeau vivant et un créateur de souvenirs! Depuis longtemps déjà que je rêvais de visiter les îles grecques… mais, pour plusieurs raisons, c’est l’Espagne, l’Amérique du Nord et l’Asie qui ont été élues dans les dernières années. Mais pas cette fois-ci!

Lorsque je lui ai annoncé ce que je lui offrirais pour ce chiffre très spécial je lui ai dit: “que préfères-tu? L’Italie ou la Grèce?” Et là, un vent de scepticisme a traversé son regard… influencé par sa désillusion face à ce genre de projet (je prends tout le crédit, considérant que je lui ai donné de faux espoirs à deux reprises dans le passé), elle m’a regardée avec un petit sourire moqueur, comme si je lui disais que je venais d’acheter un billet de loto et que quand je gagnerais le gros-lot je l’amènerais dans l’espace! Elle était touchée par ma détermination de “petite fille”, mais n’y croyait pas! Mais, elle a fini par se prêter au “jeu” et m’a finalement dit;  “C’est l’exposition universelle à Milan en ce moment il y aura donc une marée de touristes dans tout le pays, je vote donc pour la Grèce sachant en plus qu’ils traversent une crise économique ce sera peut-être plus abordable!?!”

Et c’est comme ça que j’ai commencé à planifier notre grand voyage mère-fille.

Et ce n’est que 4 mois plus tard, lorsque nous sommes enfin sorties de l’aéroport d’Athènes que j’ai finalement eu droit à la première bribe de profond bonheur venant de ma mère… Le but ultime de toute cette belle idée! Hallelujah! Bravo à moi!

Au programme: Prendre le bateau vers l’île de Mykonos où nous passerons 7 jours et ensuite reprendre le bateau pour aller passer notre deuxième semaine sur l’île des dieux…à Santorin,Thira ou Kalisti (Signifiant; La très belle).

Voici donc le bilan de cette virée féerique dans la République hellénique…

Mykonos

Tout d’abord, permettez-moi de me lancer des fleurs quelques instants, pour avoir, “quasi à l’aveugle” (c’est-à-dire sans l’aide de suggestions vraiment utiles) due choisir nos hôtels, je crois, malgré tout, avoir fait d’excellents choix… Notre Sofia village Hotel sur l’île de Mykonos était parfait… un petit appartement propre, confortable et très bien situé, mais surtout, un  lieu des plus exotiques. Une piscine en forme de “peanut” entourée de palmiers ressemblants à des gros ananas, de draps blancs suspendus dansant doucement au vent et un service absolument impeccable et tout à fait charmant de la part d’un “staff” heureux, comme la belle propriétaire, Sofia, au sourire vivifiant qui venait nous porter une gâterie fait maison à tous les jours; trottoirs croustillants à l’orange, feuilleté au feta fraîchement sorti du four et beignes au miel et à la cannelle… comme des nuages sucrés enveloppés d’une croûte dorée!

 Une équipe enthousiaste, généreuse et pas encore désabusée, et ce, même face à la présence d’une clientèle bruyante et festive (l’île de Mykonos est reconnue pour ses vacanciers majoritairement gais à la recherche de Zeus et Éros, assoiffés de nudité et carburant aux daiquiris roses et à Shakira jusqu’au lever du soleil.) Ceci étant dit, un Européen saoul à Mykonos est beaucoup plus chic qu’un Québécois gavé de pina coladas à Cuba. Pas dur à battre vous me direz!

Nous sourions donc à la vue de ce qui participera à meubler notre première semaine de vacances, et, à ce moment, je décide de faire un pacte avec moi même;

Sachant très bien qu’à notre retour au Québec, nous serons à l’aube des temps gris, de la bouette brune glacée, de la peau qui craque, des voitures prises en otage dans les bancs de neige, de la persistante goutte au nez et des 15 épaisseurs de linge nécessaire à notre survie qui, juste à enfiler, nous brûlent le double de calories qu’une course de 10km… je me dois de TOUT prendre (même « l’incommodant »), de déguster chaque rayon de soleil, de boire le plus de cafés glacés possible les pieds recouverts de sable chaud, de mettre mon nez dans toutes les belles fleurs que je croise et de ne pas me mettre au lit tant et aussi longtemps que mes yeux parviendront à rester ouverts sans l’aide de cure-dents !

J’ouvre donc les yeux, les bras, le coeur et tous mes sens et je commence l’absorption de toute cette abondance de nouveautés, de curiosités, de fraîcheur et de splendeurs… et je découvre cette île construite comme un labyrinthe aux bâtiments de chaux et aux minuscules chemins-serpent fait de grosses pierres disparates. Sur ces pierres raboteuses roulent les motos et les 4 roues nous donnant l’impression d’être à la Formule 1, mais dans des rues beaucoup trop étroites, beaucoup trop rocailleuses et sans trottoir pour sécuriser le piéton froussard.

Mais, ces mêmes rues sont tellement poétiques avec leurs bouquets de Bougainvilliers dégringolant qui décorent les toitures…Comme de l’origami, ces petits papillons en papier japonais m’envahissent toujours d’euphorie, son rouge cramoisi et sa poésie me frappent droit au coeur! J’oublie donc rapidement le chaos provoqué par cette circulation téméraire !

Les animaux de l’île

J’apprends que Mykonos a sa “mascotte”, un pélican prénommé Peter, sur lequel on tombe par hasard un après-midi de promenade. Rendu blasé par les enfants agités et par une foule trop souvent irrespectueuse de son vieil âge (75 ans), Peter fait la sieste à l’ombre, recroquevillée sur lui-même, comme pour se camoufler en forme de pierre… une pierre blanche fait de chaux tout comme les bâtiments, avec deux yeux jaunes qui émanent la sagesse et l’indifférence. Aux côtés du vieux pélican vivent les tortues qui font l’amour de façon exhibitionniste (photo à l’appui), les chats misanthropes, les chiens avachis par la chaleur et les chèvres flegmatiques chipotant n’importe quelle matière dans les champs! Ces dernières ne semblent pas affectées par le vent qui souffle pourtant tellement fort qu’on a l’impression d’être en décapotable sur l’autoroute du matin au soir. Contrairement aux autres espèces animales à l’abri des rafales dues aux façades des bâtiments, elles ne sont pas protégées étant à flanc de montagne… je me dis qu’elles doivent être immunisées par le phénomène! En ce qui me concerne, j’avoue avoir été surprise par l’intensité des bourrasques au début, mais m’être rapidement réjouie de sa présence qui nous aidait à supporter le soleil cuisant de la mi-journée.

 

Les plages

Ensuite il y a les plages qui entourent l’île… elles sont toutes en forme d’alcôves bordées de sable doux et d’eau turquoise…On loue un “sunbed” comme ils les appellent au coût de 10 euros pour la journée, à l’ombre ou non de parasols, on sirote un cocktail glacé et on lit un bon livre…le nirvana absolu!

 En ce qui concerne la faune végétale de Mykonos, elle se résume à quelques rares arbres plutôt curieux, comme ce genre de pin qui semble artificiel ou taillé à la règle et donc qui me fait croire que le célèbre Edward Scissors hands serait peut-être passé par ici lui aussi! Il y a également les figues de Barbarie (ou la poire cactus), comme des boules de Noël orange accrochées à son cactacée faisant office de sapin…apportant encore plus de tropicalité à cette île déjà bien exotique! Sinon, les Oliviers, bien sûr, sont pratiquement partout sur l’archipel. Ces petits arbustes bien uniques au climat méditerranéen.
 

Santorini

À Santorini on retrouve exactement la même végétation et le même climat, par contre, mise à part la toile de fond d’un bleu céruléen venant de la mer Égée qui embrasse les deux îles, le décor et l’atmosphère sont complètement différents, au point d’avoir eu le sentiment de vivre deux voyages distincts.

Quand ce fut le temps de choisir notre hôtel dans le village de Fira (village principal de l’île de Santorin), j’avais un seul mot en tête: Pinterest …je fantasmais à l’idée de loger dans ces fameux « Cave House », les maisons typiques construites dans la Caldera (façade rocheuse de l’île qui surplombe la mer). Si vous tapez le mot: “Santorini” sur Pinterest vous tomberez assurément sur des photos édéniques de ces villas toutes plus enchanteresses les unes que les autres. Et bien, j’ai réussi à nous en dénicher une, et ce, pour une somme plutôt raisonnable. Pour booker à cet hôtel suivez ce lien Scirocco Apartments.

Au moment où nous sommes arrivées sur l’île, ma mère et moi n’étions que deux yeux ambulants. Un pas à la fois nous tentions d’absorber ce qui se présentait à nous, comme un rêve, je voulais tout assimiler, mais j’avais l’impression de m’être assise trop près de l’écran à la projection d’un film IMAX, même avec l’aide de ma bouche mi-ouverte, de mon coeur qui battait à 100 milles à l’heure et de mes oreilles dégagées, mes yeux semblaient trop petits ou trop “humains” pour tout capter de cette carte postale 3D.

Santorin est tout simplement surréel, c’est vraiment l’île des dieux.

Nous avons donc passé notre deuxième semaine de vacances au paradis. J’ai vite réalisé qu’au paradis il n’est pas nécessaire de se faire un horaire, il est même préférable de se laisser doucement voguer sans résister…seulement prendre chaque minute de cette expérience magique sachant très bien qu’on finirait par se réveiller.

Mis à part une journée que nous avons allouée à la visite du site archéologique d’Akrotiri en compagnie de 45 touristes allemands et d’une guide qui me faisais penser à une Passe-carreau grecque parce qu’elle était beaucoup trop enjouée et nous parlais comme si on avait 4 ans, nous avons vécu au moment présent. Nos journées ressemblaient donc à ceci: Déjeuner sur notre terrasse Pinterest face à la méditerranée, petite promenade à travers le village pittoresque de Fira ou de Oia (à la pointe de l’île), baignade à la piscine ou à la plage, lecture ou écriture de fin d’après-midi sous le soleil encore généreux, apéro romantique en écoutant de la merveilleuse musique toujours face à ces paysages chef-d’oeuvre et finalement dégustation d’un festin maison fait par les plus gourmandes voyageuses (ma mère et moi), ou repas dans une taverna typique de la région.

 

La gastronomie

Pour ce qui est de la gastronomie du pays, la Grèce ne fait pas dans le très élaboré, la cuisine se veut le plus simple et le plus frais possible…Poisson entier grillé sur le BBQ, calmars frits ou farcis, pieuvre grillée, côtelettes d’agneau ou mezze divers servit avec du pain “pita” chaud. Je n’ai jamais été vraiment déçue, mais pour être honnête, je trouve la pieuvre du restaurant Philinos sur l’Avenue du Parc beaucoup plus savoureuse que celles que j’ai goûtées en Grèce et j’ai mangé de bien meilleurs baklavas à Montréal que ceux, malheureusement jamais assez croustillants à mon goût, que je trouvais dans son pays d’origine. Autre fait étrange; chez lui, le poisson entier coûte près de 6 fois le prix qu’on nous le vend au Québec, 75 euros le poisson pour deux dans un restaurant de pêcheurs sur l’île de Mykonos (90 euros le kilo), le même bar rayé que je paye 18$ dans ma poissonnerie de quartier, et ce, après qu’il aie pris l’avion jusque là… à n’y rien comprendre!!! Quand je reviendrai à Montréal je lui demanderai avec quelle agence de voyages il fait affaire…j’ai comme le sentiment de m’être fait avoir! (Nous étions clairement à côté de la track avec notre théorie d’un voyage plus abordable dû à la crise économique du pays).

Morale de cette histoire… mon souvenir des meilleurs repas du voyage restera ceux préparés dans notre appartement…Halloumi flambé au ouzo, tranches d’aubergine croustillantes à l’ail, crevettes grillées aux piments et au citron et tzatziki de feu au concombre sucré!

Maintenant, je vous laisse mettre des images sur ce long récit en espérant qu’elles vous feront ressentir ne serais-ce qu’une parcelle du bonheur que ces deux semaines nous ont fait vivre! Opa !

Merci de nous suivre et de partager!

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