En décembre 1987, mon père nous amenait, ma soeur et moi, passer les vacances des fêtes dans un petit village de pêcheurs, sur la côte nord-est de la République dominicaine. À l’époque, Las Terrenas était encore pure, les touristes et expatriés commençaient tout juste à découvrir cette petite oasis. Pour lire mon premier article sur la même destination…C’est ici.

Trente ans, presque jour pour jour, plus tard, j’ai décidé de me louer une sympathique villa à flanc de montagne, dans une partie de Las Terrenas qui s’appelle Coson. Pour louer cette même villa suivre ce lien. Le village s’est tellement métamorphosé depuis ma première visite, que j’ai été incapable de retrouver l’endroit où nous logions jadis. Je soupçonne qu’il ait été englouti par un des nombreux projets hôteliers du coin, accueillant aujourd’hui multiples voyageurs fuyant leur détresse hivernale pour faire le plein de soleil et de Piña colada.

Parmi ces voyageurs, une majorité d’Européens; Français, Italiens ou Allemands, choisissant ce coin des Caraïbes plutôt qu’un autre, probablement influencé par leurs semblables, ayant choisi, eux, de s’installer ici pour la vie. Las Terrenas fourmille d’expatriés français et italiens, propriétaire de la majorité des commerces de la ville. Une Parisienne y a ouvert un joli petit bar sous un palapa faisant face à la mer, où je me téléporterais bien quotidiennement à l’heure de l’apéro. Un Italien fait de délicieuses pizzas napolitaines au centre de la ville pour le grand bonheur des “palais” un peu moins extravagants. Une Cannoise tient un centre de plongée proposant des sorties en bateau et des excursions sous-marines. Et puis il y a Alex, une Allemande offrant des traitements d’ostéopathie accompagnée d’une « lecture » spirituelle, question de renforcer les vacances par une prise de conscience physique et psychique.

Mais sans toutefois faire appel aux services quasi occultes de cette intrigante expatriée allemande, il suffit que de s’offrir une longue marche contemplative sur le bord de la mer turquoise, et de se laisser envahir par le bruit thérapeutique des vagues, et la zénitude de l’exercice… sain contraste avec notre réalité de citadins comprimés.

En termes de plages, il y en a pour tous les goûts. Las Terrenas se trouve sur le côté de la mer des caraïbes certes, mais on n’y trouve pas seulement des plages de sable blanc et d’eaux cristallines…le climat étant particulièrement venteux dans ce coin du monde, les “surfeurs” et autres Kite surfeurs passant par là, se réjouissent de découvrir un petit paradis des vagues. Mais pour ceux qui, comme moi, serais davantage à la recherche d’une mer claire et somnolente, on en a pour notre argent tout autant. Parfois, il s’agit que de marcher un peu plus loin, de tourner la pointe et d’entrer dans un coin de la plage plus isolée du vent pour trouver ce havre de style “Pinterest”.

Contrairement à la majorité des plages du sud, à Las Terrenas on ne se fait pas constamment harceler par des vendeurs de toutes sortes. Il n’y en a pratiquement aucun. La norme serait d’ailleurs, de ne pas croiser un chat de toute l’après-midi…un bout de plage privé? Absolument! Vive le monokini!

Sur quelques-unes d’entres elles, de petits restaurants typiques proposant; poissons frais du jour, grillés sur le charbon de bois, et servis avec du riz et des plantains frits. Si vous accompagnez ce festin dominicain d’une bière locale de genre Presidente, il n’y a rien, ni personne, qui pourra vous dire que vous n’êtes pas en vacances.    

Pour ce qui est des autres mets traditionnels, vous trouverez un peu partout; langoustes apprêtées de mille et une façons, palourdes à la vapeur, filet de dorade à la sauce coco, et ceviche de thon rouge aux goûts des Caraïbes. Étant donné que nous avions loué une maison, j’avais très hâte de découvrir les ingrédients du marché et de m’en inspirer pour concocter des repas pour les amis. Malgré que ces derniers m’assurent que chaque repas qui est sorti de la cuisine de notre « casa » était délicieux, j’ai trouvé difficile d’être privé d’une variété de fruits et légumes et d’avoir à m’adapter au fait que l’eau n’est pas potable. Je sais, je sais, c’est le cas dans presque toutes nos destinations de voyage, mais mes réflexes culinaires en ont souffert une fois de plus…que voulez-vous. Ceci étant dit, le fait d’avoir accès à du poisson frais du jour compense grandement les petits désagréments de la cuisinière rabageoise.

Et puis, j’ai été ravie de trouver une boulangerie française et une épicerie européenne tenue par des Français bien sûr, nous permettant de magnifier nos plats à l’aide d’un splendide pain de campagne craquant, ou d’un fabuleux fromage artisanal, d’une cuisse de canard confite, d’un saucisson maison, ou même de quelques ingrédients asiatiques rares.    

Certains diront que la température laisse à désirer en République dominicaine…il pleut presque tous les jours, et vente, parfois à en écorner les boeufs. Vous voulez savoir ce qu’une petite voyageuse capricieuse qui y a passé plus de 5 semaines en a à dire? J’ai trouvé ça parfait! Ou presque. Oui j’ai probablement eu la même réaction que la plupart des gens lorsque j’ai compris que ce vert éclatant qui nous entourait était dû à la quantité d’eau qui tombe du ciel, et ce, de façon presque quotidienne. Oui, j’ai eu peur de m’être trompée de destination.

Mais, il m’aura fallu qu’un seul après-midi, forcé à me vautrer au creux du hamac avec un bon livre, pour prendre goût à ce ciel gris et à la quiétude qu’elle nous imposait. Et puis, de façon générale, les nuages tiraient leur révérence en fin de journée, juste à temps pour l’heure de l’apéro. Et quoi de plus enchanteur que de siroter un cocktail devant un spectaculaire arc-en-ciel assis au milieu de l’océan!?

Bien sûr nous avons été gâtés par quelques journées de soleil plombant où nous avons aimé lézarder sur la plage pour finir notre session de bronzage en nous plaignant d’un coup de soleil sur l’épaule et d’une soif accablante. Dure réalité!

Mise à part, le climat doux, les plages dorées, le poisson frais, le vert éblouissant, et la grosseur des grenouilles, ce qui m’a le plus marqué lors de mon escale à Las Terrenas est sans aucun doute la frénésie qui se dégage du village.

Je parle d’une épidémie de sourires dans tous les racoins de la ville, d’éclats de rire moqueurs entre amis, de centaines de petites motos dévalant la seule route de la ville en faisant du slalom entre les voitures et les piétons, aussi adroitement que n’importe quel athlète aux Jeux olympiques d’hiver.

Nous avons affaire à un peuple extrêmement vivant. Quelques “Ghetto Blaster” ornent la devanture des commerces projetant une des 5 tunes de l’heure de type “Latin Urban”, toujours un peu plus fort que l’établissement voisin. Ajoutez à cette équation, des « Chiquitas » vêtues de robes aussi moulantes qu’un casque de bain, de couleurs majoritairement “néons”, et de style “à ras-le-bonheur-de-plusieurs”, se servant de leurs généreux arrière-trains pour “twerker” sensuellement devant les yeux assoiffés de la gent masculine locale…et pas locale.

On sourit, on rit un peu, et on se surprend parfois à faire aller nos hanches légèrement. L’euphorie est contagieuse!

Les dominicains forment une communauté soudée, tout le monde aide tout le monde. J’ai l’impression que les enfants sont aimés et protégés par le village tout entier. Un voisinage qui fera office de matantes, de cousins et cousines. Malgré que le réflexe de plusieurs serait de ressentir de la pitié en regardant les toits et murs des maisons faits de bambous chambranlants, en apercevant un de ces vieillards transporter une immense bonbonne de propane sur ses épaules puisque la retraite ne semble pas une option, et en voyant des familles entières devant s’entasser sur une vieille mobylette rouillée pour se véhiculer du point a au point b. Mais la réalité c’est qu’ils ont tous l’air heureux, personne ne semble manquer de quoi que ce soit… dansant et riant du matin au soir. Je les envie!

Je rentre dans mon pays de glace et tenterai de carburer à la gentillesse d’une voisine qui s’est occupée de mes plantes en mon absence. À chacun sa culture!

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