Ça m’aura pris un peu plus de deux semaines pour trouver les mots à la hauteur de ma visite au restaurant Le Mousso. Bon, à ma défense, je dois spécifier que je viens de terminer un gros contrat de tournage qui aura pris toute mon énergie mentale, et physique, pendant près de 5 mois. Ce qui explique aussi que j’ai dû négliger Mes Petites Révolutions pendant cette période, devant encore et toujours jongler avec mes deux passions pour me satisfaire totalement. Dure dure réalité. 😉

Ceci étant dit, mon expérience au restaurant du fascinant chef Antonin Mousseau-Rivard m’a subjuguée au point de m’en couper la parole…littéralement. Mais je voulais aussi m’assurer de lui rendre hommage le plus adéquatement possible… parce que des expériences aussi rares que celle-ci se doivent d’être racontées avec grâce et respect.

Lorsque je suis entrée dans cet espace singulier du village, rue Ontario Est, j’ai immédiatement compris que j’allais passer un beau moment. Tout d’abord, parce que j’ai aimé voir le contraste des beiges, des crèmes, et des gris mats choisit pour envelopper les trois étages de ce lieu à aire ouverte, avec les couleurs ardentes des oeuvres du peintre Jean-Paul Mousseau (grand-papa du jeune chef propriétaire) qui sont accrochées aux murs. Et ensuite j’ai été charmée par l’insolite combinaison qu’est ce restaurant gastronomique de catégorie « nappes blanches » au design moderne et rectiligne, avec la musique rap, choisie comme fond sonore. Je soupçonnais déjà que les plats seraient tout aussi retentissants!

On nous a approchés avec classe et amicalité, en nous expliquant, aussitôt assis, que le restaurant offrait un menu fixe composé de 13 services  pour le raisonnable prix de 90$. Et que nous avions l’option d’y ajouter l’accord vin pour 60$ de plus.

Treize services peut sembler beaucoup, mais la formule dégustation se veut de 2 à 3 bouchées par plat, pas plus. Deux à trois bouchées de pur bonheur… parfois intrigantes, parfois émouvantes, parfois euphorisantes, ou parfois explosives, mais toujours absolument jouissives!

Moi et mon acolyte gourmand avons choisi de commencer notre soirée par un des cocktails proposés par le restaurant…mon coup de coeur; gin, apérol, sirop de piment jaune, et herbes fraîches, décoré avec des fleurs d’hibiscus séchées. Un mot; sensationnel! J’exagère? Non.

Et puis la symphonie gastronomique a débuté; en premier lieu, excentrique hors d’oeuvre de foie gras emmitouflé dans une boule de barbe à papa à la betterave et agrémenté de poudre de framboises et cerises rouges séchées, suivis de près pars d’étonnantes petites tartelettes d’oursin au goût profond d’océan, surmontées de fleurs de tagètes, au goût légèrement agrumeux, et puis, petits « sandwichs » de fines feuilles de rutabaga croquantes farcis d’un mélange de crevettes au gingembre tout à fait charmants. Un de mes coups de coeur fût sans aucun doute les petits « suçons » de homard accompagnés d’une sauce aux cives inimitable, puis, sublime plat de sarrasin cuit comme un risotto aux huitres fraîches, saupoudré d’une poudre d’apiacées, et surmonté d’une crème fraîche pour ponctuer le tout d’une légère touche d’amertume, et puis accompagné d’un divin craquelin de sarrasin. Mon deuxième coup de coeur serait probablement le plus simple de tous, mais oh combien satisfaisant!…Une tranche de volaille cuite à la perfection, parce que tendre, juteuse, et incroyablement savoureuse par elle-même, mais chaperonnée par une crème parfaitement riche de choux/champignons/glutens (peut-être pas dans cet ordre), qui est arrivée à voler la vedette de ce mets déjà parfait. C’est pour dire!! Sans oublier le plat de cerf saignant aux bais rouges et à la betterave qui fondait et dansait en bouche.

Le menu dégustation s’est terminé avec trois petits desserts dont un qui m’a complètement bouleversée…une succulente crème de chocolat blanc suave et enveloppante (je déteste le chocolat blanc…mystère), abrillée par un granité de concombre et de feuilles d’oseille, apportant un doux contraste de fraîcheur et d’acidité…résultat absolument troublant!

Ce qui est fascinant dans le travail de ce chef c’est qu’il parvient à te faire vivre différentes sensations à travers chacune de ses bouchées…le voyage dure en réalité quelques secondes, mais l’extase est vaste et l’enchantement infini.

Le chef autodidacte Antonin Mousseau-Rivard est selon moi, le chef le plus créatif et le plus talentueux du Québec. Rien de moins. Allez, Michelin, donnez-lui une étoile!!!

Merci de nous suivre et de partager!

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