La Casa Mocha

14 février, jour des amoureux, je quitte le Mexique pour retourner dans mon pays tout blanc, ou plutôt tout gris, et surtout, aigri. Dès mon arrivée sur Montréal, j’ai, pour la première fois en 5 semaines, ressenti cette tension de la ville, vous savez ce petit sentiment de stress ou d’impatience, qui, je dois malheureusement l’admettre, m’habite presque en permanence ici (particulièrement au volant de ma voiture). C’est à la minute même où je suis débarquée du Uber qui me ramenait chez moi que j’ai réalisé que j’en avais été libérée depuis le 7 janvier précisément. Il m’est revenu violemment, sans prévenir, lorsque j’ai été témoin non pas d’une, mais de deux, troublantes chicanes d’automobilistes. À ce moment précis je me suis dit deux choses; 1-l’hiver en ville c’est malsain. 2-je me fait la promesse solennelle de quitter ces lieux toxiques au moins 1 mois chaque hiver pour le reste de ma vie. Ainsi soit-il!

Le 7 janvier dernier donc, je me suis enfuie de ma ville bilieuse, pour aller faire le plein de sourires et de soleil pendant 5 semaines.

Et puisqu’ils sont les rois en la matière, c’est au Mexique que j’ai choisi de jeter mon ancre. Nous avons loué une extraordinaire villa à Puerto Escondido, ou plus précisément; à Zicatela (un charmant petit village situé sur la côte d’Oaxaca). Les premiers jours de mon séjour à la « Casa Mocha », je ne pouvais m’empêcher de répéter sans cesse: « Nous avons gagné à la loto! », et c’est réellement l’impression que j’avais en me déplaçant d’un étage à l’autre de cette maison de rêve. Un salon et une cuisine extérieurs au milieu d’une jungle privée avec un sublime toucan comme animal de compagnie, une piscine privée, 2 grandes chambres luxueuses, une immense terrasse au 2e étage pour faire le yoga matinal, et finalement une aire de détente sur le toit avec hamacs et vue pittoresque pour prendre l’apéro en regardant le coucher de soleil, ou pour faire la sieste en après-midi.

Nous avons passé 4 merveilleuses semaines dans cet endroit paradisiaque… un peu plus de 30 matins à me réveiller avec un sourire niais en entendant monsieur le toucan chanter, à me diriger vers la cuisine le pas jovial en pensant au succulent ananas que j’allais déguster, et à traverser mes journées le coeur vaporeux sans jamais ressentir le moindre inconfort. Alimenter son âme de beauté et de lumière est pour moi la meilleure médecine qui soit. Et puis si on ajoute un peu de VERT à cette équation, alors là…les ailes nous poussent!

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Les plages

Zicatela se trouve à être une section de la ville de Puerto Escondido, longeant la Playa Zicatela, là où les surfeurs du monde entier viennent se réjouir des grosses vagues (étant à leur apogée durant les mois de mai et de juin). Par contre, pour la petite Canadienne comme moi, qui adore nager dans la mer, mais qui est loin d’être Kathie Ledecky, et surtout, qui n’a vraiment aucun plaisir à se retrouver prise dans le remous des vagues, la Playa Zicatela n’est peut-être pas l’endroit idéal, et ce, à l’année. La bonne nouvelle c’est qu’à 5 minutes en taxi de notre maison se trouvent deux magnifiques plages, qui sont parfaites pour se baigner sans avoir à « dealer » à chaque fois avec l’équivalent d’un carré de sable dans le fond du bikini accompagné d’un rude lavement nasal; la Playa Manzanillo/Puerto Angelito, et La Playa Carrizalillo. Ressemblant à des plages des Caraïbes ou même de la méditerranée, ces deux endroits m’ont rendue extrêmement heureuse plus d’une fois. Je m’installais sur une chaise longue avec un livre que je lisais très peu, mais qui était tout de même essentiel au programme, je sirotais un Coco Frio (une noix de coco fraîche) et je reluquais les gens en m’imaginant ce à quoi pouvaient ressembler leurs vies; la famille mexicaine, en vacances eux aussi, chantant et riant aux éclats, tous assis en rond, démontrant que l’intérêt est au centre même du clan. Le couple de jeunes amoureux entrelacé dans l’eau, qui se contemple et se désire avec le regard candide des premiers moments…ne pas les jalouser aurait été un exploit en soi. Mais mes yeux finissaient toujours pas s’arrêter sur un enfant, et pouvaient y rester grands ouverts, là, à fixer ce petit humain pendant un très long moment. Ce garçon d’à peine 3 ans, assis dans le sable face à la mer attendant fébrile l’arrivé d’une vague qui le fera basculer par en arrière, remplira son petit maillot de sable et le fera systématiquement éclater de ce rire qu’on aime tant. Je ne comprends pas tout à fait, pour quelle raison je peux observer un enfant jusqu’à en oublier la notion du temps, complètement déconnecter de moi-même, la bouche ouverte de fascination. Est-ce que j’essayerais de découvrir la recette à la pureté? Et à la saine naïveté?

Mes journées à la plage ressemblaient donc à ça et se terminaient généralement avec une bière fraîche et une assiette de guacamole. Si l’hiver en ville est malsain, ceci est tonique!

Les marchés

L’activité pour moi qui surpasse même celle de lézarder au soleil pendant des heures, est sans aucun doute la visite du marché agricole de la ville. Peu importe où je me trouve dans le monde, je devrai obligatoirement commencer mon voyage en visitant un grand marché local. Celui de Puerto Escondido se nomme Benito Juarez (nommé après un important ancien président du pays), partageant ce nom avec l’aéroport de la grande ville de Mexico d’ailleurs. Le Mercado Benito Juarez s’étant sur une surface immense, enlignant de nombreux marchands tous riches de leurs récoltes, au point où il est difficile de faire son choix. L’exercice consiste donc à laisser tous ses sens à l’affut, à se remplir de couleurs, à se laisser envahir par les douces effluves d’herbes fraîches ou de fruits mûrs, et à tenter de saisir la nature de cette épatante communauté. Parce qu’à mon avis, c’est au coeur même du marché traditionnel que circulent l’histoire et l’essence d’un peuple.

On remarque les influences espagnoles, africaines et caraïbéennes en découvrant l’omniprésence d’avocats et de tomates, ainsi que d’autres fruits et épices d’origine autochtones. Et puisque nous sommes dans la région d’Oaxaca, on trouvera plusieurs producteurs de fromages, héritage européen, bien sûr ces recettes sont maintenant bien uniques au Mexique, comme le Queso fresco, le Panela, ou le délicieux fromage Oaxaca.

On comprend aussi rapidement l’importance que la cuisine prend dans la vie des gens, que cette dernière est source d’amour et qu’elle est toujours faite dans le respect des traditions. La modernité n’a pas sa place dans les cuisines traditionnelles, on tient à conserver l’héritage ancestral. Dans la fabrication du Mole, les grains seront encore moulus à l’aide d’un rouleau de pierre, même si c’est plus long et plus exigeant, et les tortillas seront faites à la main, et ce à la dernière minute pour qu’elles soient toujours le plus fraîches possible.

D’un côté du marché une section est réservée aux petits restaurants familiales, il est possible de goûter à une variété de recettes de tacos, parfois farcis au poulet mariné et roulé comme des cigares, ou sous la forme des enchiladas (petit déjeuner typique) recouvertes d’une salsa verde ou rojo. À l’extérieur du marché, on trouvera différents aliments comme les divines petites crevettes salées (merveilleuse avec la cerveza à l’heure de l’apéro), quelques vendeurs de Chapulines (sauterelles frites), et à ne pas négliger (ma collation préférée); un mélange de fruits imbibés de jus de lime et saupoudrés de chili! Non je ne suis pas enceinte, je vous promets que ce mélange est un délice 😉 Par contre, je n’en dirais pas autant des Chapulines *Vidéo de ma dégustation disponible aux abonnés seulement.

Mais, quelle que soit la région où on se trouve au Mexique, l’offre alimentaire sera luxuriante et toujours succulente. On n’est pas surpris que la cuisine mexicaine soit officiellement inscrite au patrimoine culturel de l’UNESCO depuis 2010, elle est extrêmement riche et variée !

Le tour en mer

Et en 3e position des activités que je préfère, mais non la moindre…faire un tour de bateau! Dans un endroit comme Puerto Escondido, il y a des dizaines et des dizaines d’agences touristiques qui offrent des tours organisés du genre; snorkeling, assister à la ponte de tortues de mer, cours de surf, ou bien un tour de bateau pour aller voir les baleines et les dauphins. Pour ceux qui me connaissent, vous vous douterez que la question ne se posait même pas…la petite fille en moi se devait de revoir des dauphins sauvages!

Pour la gênante somme de 20$ par personne, on a eu droit à la totale en émotion. Omar (notre capitaine) et son sympathique sourire nous ont amenés au large au moment où le soleil se levait à peine. J’ai vite compris pourquoi ce genre d’expédition se fait toujours à l’aube. Lorsque la mer est calme et miroitante et se fond avec le bleu du ciel qui s’éclaire tranquillement, et que le soleil n’a pas commencé à faire son effet, les habitants de la mer semblent choisir ce moment précis pour danser. Après avoir assisté à la gracieuse pêche matinale des pélicans, ce qui est déjà spectaculaire en soi, nous avons croisé une maman baleine à bosse avec son bébé, qui tournaient sur eux-mêmes comme pour nous saluer noblement…j’ai alors détecté une première petite larme s’échapper de mon oeil droit (première émotion). On entend ensuite Omar parler au Walkie Talkie en pointant une direction du doigt, et c’est à ce moment qu’il s’est mis a accélérer pour atteindre un attroupement de dauphins sauvages qu’on pouvait déjà voir sauter au loin en faisant des vrilles et autres acrobaties…nous nous sommes mis à hurler de joie, pour nous rendre compte rapidement qu’il y en avait au moins 1000, tous zigzagant et sautant autour de nous. Suite à l’approbation de notre guide, nous sommes tous sautés hors du bateau pour entendre le son de leur ballet sous l’eau et tenter de nous en approcher le plus possible. Cette fois ce n’est pas une, mais plusieurs petites larmes de jubilation que j’ai senti s’échapper due à la trop grande résonance que cette expérience a eue sur moi!

Mexico City

Lorsque j’ai planifié ce voyage, et même au moment de réserver mon billet d’avion, je n’étais sur de rien, la seule chose dont j’étais certaine c’est que je passerais mon premier mois à la Casa Mocha, mais ensuite je ne savais pas de quelle façon je choisirais de poursuivre mon voyage, puisque mon idée de départ était de partir pour 2 mois.

Malheureusement, le jour de ma fête, le 31 janvier, 3 semaines après mon arrivée au Mexique, je me suis ouvert le pied d’une façon vraiment trop insignifiante, mais la blessure était assez sérieuse pour qu’elle nécessite des points de suture et donc un temps de guérison loin de la plage.

À ce moment j’ai donc due prendre la sage décision de m’éloigner des facteurs “infectieux” du bord de mer et d’aller terminer mon voyage avec une semaine dans la grande capitale de Mexico dF.

Cette dernière semaine allait être réservée à une seule chose; manger. Mon but était de visiter le plus de marchés possible, de goûter au meilleur de la cuisine de rue, et de manger dans tous les bons restaurants de la ville. Mission accomplie! Ou presque! Mis à part le restaurant Pujol (25e meilleur restaurant au monde et #1 dans la ville de Mexico) où je n’ai pas réussi à m’introduire due à une liste d’attente de 3 mois, j’ai rempli mon mandat haut la main.

Émilie aux pays des merveilles

J’ai attaqué ma semaine avec la visite d’un des plus grands et des plus vieux marchés de la capitale, et ce accompagné d’une blogueuse de bouffe et experte en tout ce qui attrait à la gastronomie du pays. Ce fut de loin le moment le plus excitant de mon voyage…j’ai sauté à pieds joints dans un océan de culture qui m’a éclaboussée en plein visage… et quelques flaques de jus de poisson par le fait même! Parfois il faut se salir les mains et les pieds pour faire de fascinantes découvertes! Le Mercado la Merçed est un monde magique, mon propre pays des merveilles! Je croyais avoir été désorienté et parfois troublé par les autres marchés que j’ai visités, mais je n’avais encore rien vue…même le marcher de Beijing peut aller se rhabiller.

Ici j’aurais voulu, soit avoir 8 yeux, ou bien être invisible question de pouvoir immortaliser avec ma caméra chaque “tableau” que je croisais. La vue de cette dame au sourire généreux, coiffée comme Marge Simpson, veillant sur son immense marmite de sorcière remplie d’un intriguant bouillon rouge. L’image de ce vieil homme dans un coin sombre du marché, qui semblait être gêné d’exister, recroquevillé au-dessus de ses paniers de friandises. L’émouvante fragilité d’une petite fille aux yeux verts, pieds nus et mains sales, assise par terre concentrée à dévorer sa quesadilla au fromage. Ou encore, le kiosque de la femme aux 1000 Moles, présenté comme une fresque; des montagnes de pâtes colorées et décorées avec art et habileté, absolument sublime!

Sans oublier que c’est à cet endroit que j’ai mangé les meilleurs tacos de ma vie! Pour l’absurde somme de 50 sous, on a droit à une tortilla d’une fraîcheur imbattable farcie avec du boeuf braisé toute la nuit dans un bouillon divin, des “crumbles” de chair de chorizo, quelques tranches de radis et de concombre, et la sauce piquante de notre choix…j’en rêve encore!

Si vous êtes moindrement curieux et gourmand, je vous conseille fortement, non, je vous OBLIGE, à participer à ce tour gastronomique lors de votre visite à Mexico dF. Voici donc le lien à suivre pour s’inscrire… ici.

Conseils pratiques

Pour moi voyager c’est vivre une concentration de sensations inhabituelles. Je veux être déroutée, éblouie, désarçonnée, émerveillée, et même émue. Je veux rentrer à la maison avec une valise invisible remplie de belles images et de souvenirs sensationnels. Et de façon générale, ce genre d’expérience ne se produit pas dans un tout compris à Cuba, il faut sortir de sa zone de confort et parfois même accepter une certaine dose de frousse. Un Mexicain m’a dit; “C’est vrai ce qu’on dit sur la ville de Mexico, c’est extrêmement corrompu et très dangereux par endroit, mais c’est le prix à payer d’inquiétude pour découvrir toute la richesse qu’elle a à offrir!”. Et c’est vrai, Mexico dF a vue éclore des centaines d’artistes au talent unique, la gastronomie n’a pas d’égale et l’architecture est terriblement romantique.

Par contre, permettez-moi de partager quelques conseils que l’ont m’a donné et qui se sont avéré être très pratiques.

-Tout d’abord, éviter de prendre le métro. Comme dans plusieurs grandes villes du monde, le métro est la bourse des “pick pockets”, mais à Mexico on peut multiplier la norme par 20, au moins. Et puis si l’on est une femme, gare à nos fesses, il y a tellement eu de plaintes d’agressions sexuelles dans le métro, que la ville a décidé d’allouer deux wagons pour elles seulement.

-Ensuite, être prudent en traversant les rues, la priorité n’est pas aux piétons.

-Et finalement, s’équiper d’une puce de data pour mettre à l’intérieur de votre cellulaire et donc avoir accès à internet en tout temps parce qu’il est préférable de se déplacer en Uber. Ne prenez pas la chance de vous faire escroquer par les taxis standards.

 

Ma liste de coups de coeur:

-Nico’s, une institution en ce qui a trait à la cuisine traditionnelle

-Rosetta, un fabuleux restaurant italien

Lardo, de la même chef que le Rosetta, proposant cette fois une cuisine du moment de style méditerranéenne

-Contramar, pour le lunch. Un must: les tostadas au thon.

-Maison Belèn, pour les brunchs

-Lalo, pour les brunchs

-Churreria del moro, pour les churros décadents

-Lamantour, pour les délicieux cocktails

-Hotel Condesa dF, pour boire un cocktail sur le toit

-Mercado Ciudadela, un gigantesque marché d’artisanats pour les souvenirs

-Acario Inbursa, pour une session de « plongée » sécuritaire et sans peur, l’aquarium est toujours une bonne option, et celui de Mexico est extrêmement divertissant.

-Le musée de Frida Kahlo, cette maison où Diego Riviera et elle on vécu et créé pendant plusieurs années est remplie de magie

Hotel Condesa df, situé dans un des plus beaux et des plus sécuritaires quartiers de la ville, cet hôtel est exceptionnel!

Habita Hotel, extra moderne, avec une piscine magnifique, cet hôtel est une autre très bonne option au coeur du chic quartier Polanco.

Et pour finir, il faut essayer d’aller au Maximo Bistrot. Considéré comme l’un des meilleurs restaurants de la ville, il a dû fermer ses portes en 2013 lorsque la fille du chef procureur fédéral de la capitale s’est présentée sans réservation et a été possédé par une crise d’égo lorsqu’on lui a refusé une table. Menaçant le chef émérite d’avoir le pouvoir de fermer son établissement s’il ne lui trouvait une table, la fille à papa, est parvenu à envoyer les inspecteurs le lendemain matin pour mettre les clés dans la porte. Même si le restaurant est parvenu à rouvrir peu de temps après, cet incident a terni l’image du système politique mexicain. Le chef cuisinier s’est toute fois relevé de cette crise avec d’autant plus d’éclat…il mérite qu’on s’y arrête!

 

Pour ceux qui prévoit partir pour le Mexique, je vous suggère fortement de vous équiper du fabuleux guide Le Routard ou du Lonely Planet 2017…Bon voyage!

Merci de nous suivre et de partager!

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