(Chapitres de voyage envoyés à ma famille et mes amis lors de mon bref déménagement à Paris en 2013)

Paris, 1er chapitre (l’arrivée)

Vous savez presque tous à quel point mon départ s’est fait de reculons…mon amour incommensurable pour Montréal l’été, l’anticipation de l’inconnue, le blues post-Osheaga, la peur de l’ennui et de la solitude ont grandement participé à mon manque d’entrain à l’idée de partir pour Paris. Mais, je suis heureuse de vous annoncer que mis à part mon amer décalage horaire, la ville lumière s’est organisée pour que je tombe sous son charme assez rapidement.

Les 16 années qui se sont écoulé depuis ma dernière visite m’ont fait oublié l’infinie beauté de cette ville… j’avais oublié la puissance de son architecture, les rues étroites faites de grosses pierres, les balustrades fleuries, la convivialité qui se dégage des milliers de terrasses peuplés, les innombrables cathédrales et basiliques, tous plus impressionnantes les unes que les autres. C’est officiel, c’est en Europe que les humains m’impressionnent le plus. Les paroisses de villages construites en 1974 en forme de rectangle effoiré et de couleur « caca d’oie » n’existent pas ici!! Toutes ces constructions me coupent le souffle, j’ai envie d’arrêter les Parisiens rendus amaurose et leur imposer une minute de silence face à l’immensité de ces lieux qu’ils côtoient tous les jours!!!

Sans parler de sa poésie…Ah! Paris, là où les printemps sont tellement romantiques qu’ils me donnent l’impression d’être irréels, on a l’impression d’être dans un scénario de Claude Lelouch avec des amoureux sur les bancs de parcs qui sont beaucoup trop passionnés, les bouquets de muguets qui sont vraiment trop parfaits et les accordéonistes à bérets qui sont drôlement clichés.

Et pour rester dans l’esprit cinématographique, nous venons d’emménager dans rien de moins qu’un petit appartement du quartier Saint-Germain-des-Prés, un choix de dernière minute, mais oh combien accueillant! Fraîchement rénové, au 5e étage d’un bâtiment historique, avec un petit balcon ensoleillé (oui ! oui ! Je fais partie du 0.2% des habitants de cette métropole qui on le privilège de pouvoir se lézarder au soleil tout en restant dans l’intimité de leur demeure), j’ai d’ailleurs passé l’après-midi a épier les vas et-viens des locaux, du haut de mes 5 étages… Ces habitants du quartier le plus bourgeois de paris, tous hyper fringué, le menton en l’air et la clope au bec, se déplacent nonchalamment en direction d’un des cafés « bobo » du quartier. Bobo, sans aucun doute, mais J’ADORE!! La preuve, j’ai pas perdu de temps à aller m’asseoir sur la terrasse du Café de Flore pour déguster une salade niçoise et boire un kir royal, en lisant le Figaro tout en me convainquant que je me fondais aux habitués, bien sûr en omettant la partie où, dès mon « Bonjour » le serveur a hurlé; » QUÉBEC! » Haha… Bon, c’est quand même mieux que; « Are you from America?

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2e chapitre (L’adaptation)

Alors, en résumé, depuis mon 1er chapitre, mon état a évolué comme suit…

« Suis-je une touriste? »

« Suis-je une expatriée à la recherche d’une nouvelle vie? »

« Suis-je tout simplement une mouche qui vole, qui se pose, qui se demande encore où se reposer, qui épier, qui écouter? »

« Devrais-je ressentir l’excitation du nouveau et l’envie de la découverte ou me concentrer sur l’acclimatation et la construction d’un différent quotidien? »

Comment fait-on pour s’implanter dans une nouvelle ville quand tout ce que tu connais ne semble plus exister, quand ta langue, qui techniquement est la leur, ne semble pas être comprise, quand il y a absence de contacts humains tels que tu les connais, quand, malgré ton âge et ton passé professionnel, tu dois faire le deuil de pratiquement tout ton acquis professionnel.

Bon, ayant exprimé mon état d’esprit périodique (pas toujours aussi existentiel je vous rassure), laissez-moi maintenant vous décrire une journée dans la peau d’Émilie G. à Paris…

Le lit est confortable, une parcelle de rêve s’accroche au conscient, il y a comme un fond sonore… 2 marocains peinture ma porte d’entrée, ils parlent fort, mais les mobylettes les enterrent. Il y a beaucoup de mobylettes dans ma petite rue faite de pierres. Je dois me lever, il est 9h30, le yoga est dans 1h30, 1h de marche pour s’y rendre… Allez, ma grande, t’es capable!! Ma motivation du moment: une tasse de thé « Mariage frère » à la rose… Mon coeur est comblé l’espace d’un moment. 12h30… Je suis en lavette… La petite Française de 4’5″ aux abdominaux de béton qui dirige le cours de Bikram m’offre le clin d’oeil du devoir accompli. Je repars vers la maison en prenant le chemin du jardin de Luxembourg, il fait beau, comme à tous les jours depuis mon arrivée. Le jardin me sourit, le coeur va. Je me douche aux parfums du petit Marseillais, emballe mon ordi et repars luncher dans un des restaurants sur ma liste. J’ai sélectionné toutes les cantines organiques avec « Oui-Phi » et terrasses de la ville et j’ai comme projet de TOUS les essayer d’ici mon départ.

14h. Je goûte à ma salade au Tofu… Déception! Le Tofu est fade et gélatineux!

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La gastronomie sur Paris

Bon, le timing est parfait pour mettre quelque chose au clair:

Paris, une ville splendide, regorgeant de musées, débordant d’histoire, de lieux romantiques et de magie, certes, mais gastronomique? Pas trop non. Ou enfin, certainement pas accessible à madame tout l’monde. La ville fourmille de nouveaux petits restos appelés « Bistronomique » tenus par des Néo-Zélandais, des Japonais ou des Danois (peu ou pas de Français en vue). Ils offrent ce qu’ils appellent une « cuisine d’auteur » (question d’appuyer ma théorie d’une ville mise en scène), appellation attirante en effet, mais c’est le genre de resto que tu t’offres une fois par année, de toute façon, mes voisins du 6e arrondissement, les têtes d’affiche du moment, les starlettes et leurs « Papas de sucre » ont saturé le livre de réservation pour quelques mois déjà (j’exagère à peine). Sinon, les 10 675 restaurants de la métropole sont des bistrots français avec cartes typiques: andouillettes, Tartare de boeuf et pomme allumettes, canard confit et salade verte. Tous les mêmes menus, pas de variante, ni dans l’appellation ni dans l’assaisonnement. Un classique c’est un classique!! Pendant qu’il y en a d’autres qui tentent de suivre le courant bio, végétaliens, crudivorisme, en nous offrant un choix beaucoup plus vaste qu’à Montréal, mais je reprendrais sur-le-champ mon « Crudessence » contre leurs 82 restos bio privés de saveur et de créativité. Je conclus donc que les Français manient le gras et les abats comme des AS, mais ne leur parlez pas de kale ou de lactofermentation… tout comme il est impossible de trouver du beurre d’amandes sans sucre ajouté. Et pour conclure, dans le même ordre d’idée et pour vous donner raison de me traiter de cynique… Le fameux Jambon-Beurre ? Abominable!! Un attire-touriste!! Une baguette vieille de 3 jours avec une tranche de jambon, 1 cornichon et un mini peu de beurre. Ça ne vous tenterait pas d’hydrater ça un brin? De lui apporter une touche de modernité? On est plus au 16e siècle bazwell, les combats médiévaux d’arc et d’épée se font plutôt rares, on pourrait prendre le temps de mettre un peu de mayonnaise dans nos sandwichs. Réflexion: Aurions-nous dépassé le maître?

Le Monoprix

Topo resto, check! Je récapitule, il est 14h, je me nourris de tofu mou et tente de travailler sur mon livre de cuisine en étant constamment tiraillée entre regarder mon écran d’ordi ou guetter la vie urbaine. Mon activité préférée: Mater.

Il est maintenant 16h30, je remballe mes petits et pars faire les courses au Monoprix… Un IGA de luxe, regroupant le contenue du marché jean-talon et de la SAQ dans un supermarché à rayons. Les tomates de jardin multicolores qui sentent la vie, les artichauts sur queues, frais du jour, un bar à fromage qui respecte tous mes rêves les plus fous et une sélection de grand cru à des prix de dépanneur. Ce qui explique mon passe-temps parisien préféré; prendre l’apéro sur les berges de la Seine avec une bouteille de Mâcon-Village à 4 euros, un morceau de vieux Comté et une baguette fraiche…la joie!! Et ben oui il y a aussi du positif, je ne mérite donc plus l’étiquette de la rabageoise.

18h. Je rentre à la maison, je cuisine, j’écoute les nouvelles à TF1, je finis ma bouteille de Mâcon-village à 4 euros et j’attends mon homme qui arrivera vers 20h30. Oui je sais, il me manque seulement la minivan et la carte Costco. Ishhhhh!! À son arrivée, le petit-prince est aux anges… Je lui donne donc une pitchnotte sur l’aile droite question de le faire redescendre de son nuage; « Déguste mon chérubin parce que le fun de la madame à maison va finir par s’user… »

Sur ce, je vous laisse, je vais aller faire une brassée 😉

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3e et dernier chapitre (La rentrée)

Alors suite à mon chapitre cinglant d’il y a quelques semaines, je suis heureusement parvenue à me trouver une certaine place ici, une place qui ressemble davantage à celle d’une touriste, mais qui me convient tout à fait… pour le moment. Les questions restent sans réponse, mais j’ai décidé de les regarder passer sans trop m’y attarder. La vie saura bien y répondre en temps et lieu!! Voilà!!

Me revoilà donc assise sur mon petit balcon faisant face à cette petite rue du 6e qui a, depuis une semaine, repris vie. C’est la rentrée. La fin des vacances pour les Parisiens. Les rues qui étaient quasi désertes sont maintenant achalandées et bruyantes du matin au soir. Le bruit des sirènes européennes, les klaxons et les Parisiens qui hurlent sur leurs téléphones cellulaires, à grands coups de; « Putain! Nique ta mère! » est plus ou moins l’atmosphère sonore quotidienne. Pour ce qui est de l’atmosphère olfactive, j’ai parfois l’impression de m’être transporté à Hengdian en Chine (pour ceux qui avait lu ma description des parfums ambiants à l’époque où je travaillais là bas) on parle ici d’un bouquet âcre de pisse dans tous les coins sombres de la ville et d’un arôme violent de transpiration dans presque tous les coins de ladite ville… Bon, l’eau est payante ici, mais ciboire c’est pas une raison pour ne pas se laver… Achetez-vous du shampoing sec, du parfum, quelque chose!!

Ahhh ! Mon petit vomi hebdomadaire est sorti.

Place aux moments agréables du voyage…

Rock en Seine

Comme vous savez, j’avais les blues post-Osheaga à mon arrivée ici, mais j’ai rapidement trouvé la solution à ma mélancolie ; doubler le blues en assistant à sa version parisienne. Rock en Seine. 3 jours de programmation exemplaire et un site au-delà de mes attentes. Bon, ceci dit, j’ai seulement acheté des billets pour une journée de festival et mon chum qui m’avait dit que nous partirions à 16h a finalement fini de travailler à 22h30, mais nous sommes arrivés à temps pour voir le dernier show… Paul Kalkbrenner (Dj Berlinois). À notre arrivée sur le site, mes yeux, voulant tout absorber le plus vite possible, ont rapidement arrêté leur session de « scannage » sur un stand à vin ! Eh bien oui, j’aurais dû m’en douter, c’est à Paris qu’on pense à nous les filles ! Pour m’être plaint à chacune des 10 éditions du festival Osheaga que la seule chose qu’on nous offre à boire c’est de la maudite bière Molson dans un verre en plastique à l’effigie du fameux commanditaire et d’avoir rêvé maintes et maintes fois de pouvoir écouter mes bands favoris, assis dans l’herbe, en buvant un verre de vin blanc ! C’est à Paris que mon rêve s’est réalisé! Pardonnez la «bobo » en moi, elle avait besoin de s’exprimer !

J’ai donc choisi de faire remplir mon verre écologique offert par le festival, d’un délicieux mousseux, un verre de plastique oui, mais les festivaliers n’en auront qu’un, pas 62…On se l’accroche au cou et il nous suit pendant 3 jours ! (Encore une fois, Bravo Paris, pour une autre idée astucieuse). Evenko, prenez des notes !

Rock en Seine m’a offert une soirée magique…l’énergie était palpable, l’atmosphère transcendante, les compositions de Paul Kalkbrenner envoutantes, et que dire du faux champagne ?… De loin le plus jouissif à vie !

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Épernay

Le lendemain matin, parce que nous n’étions pas encore tout à fait rassasiés de bulles, nous avons décidé de partir pour la région de champagne!! À bord d’une petite Fiat loué, nous prenons la route sans aucun itinéraire…À nous l’aventure!! On choisie de s’arrêter dans la petite ville d’Épernay, là où Moët et Chandon et Dom Pérignon on prit vie. Visite des caves de plus de 15 kilomètres de long à bord d’un train télécommandé, apprentissage de la « méthode champenoise » et dégustation des trois cépages… Ça y est, la tête me tourne, de bulles bien sûr, mais aussi d’informations à en impressionner mes futurs convives..!! À qui le prochain souper effervescent en ma compagnie?! Il est 18h, c’est l’heure de l’apéro, Boyfriend achète une bouteille de champagne d’un petit producteur du coin à 15 euros (d’une valeur minimum de 75$ à la SAQ) et nous allons la boire au milieu des vignobles en regardant le soleil se coucher sur le vert presque « cartoonesque » qui nous entoure. Le lendemain matin ma tête hurle: « PITIÉ!! Épargne-moi d’Épernay aujourd’hui! » Je m’enfile 2 advils et mentionne à Boyfriend d’une façon autoritaire qu’aujourd’hui je ne boirais pas. Une heure plus tard (11am) nous arrêtons chez M. Philippe Martin, producteur de champagne premier cru, recommandé par la sommelière de Moët et Chandon (rien de moins). 11:15 am, mon verre est plein…Au secours!! Ensuite, un 2e, et un 3e, « il faut bien goûter à ce que nous allons acheté » nous disons nous! Ayayaille! Bon, la détox est repoussée au lendemain!

Ce fameux lendemain a fini par arriver accompagné d’un marteau piqueur ! Le Bikram me remettra sur pieds…Je baptise officiellement mon tapis de Yoga: « Sueurs d’Épernay ».

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Les musées

La semaine qui a suivi a été remplie de visites touristiques…le plus magistral; le Musée d’Orsay. Une ancienne gare de train absolument spectaculaire, reconverti en lieu d’exposition de la plus grande collection d’oeuvres impressionnistes au monde…Monet, Manet, Degas, Renoir, pour n’en citer que quelques-uns. L’espace est absolument magique et les oeuvres à t’en couper le souffle. Nous sommes également allés voir l’exposition des dernières sculptures de Ron Mueck… Cet Australien qui créer des personnages de grandeur soit démesurément grande ou anormalement petite, mais qui te donnent tous l’impression qu’ils vont se mettre a parler… surréel et touchant. Ensuite, il y a eu l’expo de photos décevantes de Costa Gravas, la visite historique de Montmartre, la promenade douloureuse à travers le Bon Marché (Centre d’achat des plus grandes marques au monde) et soupers dans quelques délicieux restos (finalement). D’ailleurs, je mange tellement, que je suis en train de ressembler à Samantha dans Sex And The City quand elle a déménagé à Los Angeles…(Pour ceux qui ont suivie la télésérie). Vous vous rappelez, elle s’ennuyait tellement qu’elle passait son temps à manger. Il va falloir que je commence à me discipliner si je ne veux pas avoir à réserver un deuxième siège dans l’avion du retour.

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