Vie, Restaurants

Provisions 1268

30 septembre 2016

J’ai voulu aller au restaurant Van Horne pendant ses quatre années d’existence, on ne cessait d’encenser les prouesses du chef Éloi Dion, et moi, vivant à 3 rues de là, ne suis jamais parvenue à trouver un moment pour y aller. Quand j’ai appris qu’une nouvelle brigade tout aussi prometteuse allait jeter son ancre au 1268 rue Van Horne, je me suis promis que cette fois je ne manquerais pas le bateau!

Et puis c’est hier soir, près d’un an après l’ouverture du restaurant Provisions, que je suis entrée dans ce petit espace de 28 places pour la première fois. Autant nous étions dans les tons de crème et de nappes blanches de style bobo chic avec l’ancien résident, autant nous sommes aujourd’hui dans un Gastro-Pub à l’atmosphère feutrée et amicale. La métamorphose que les nouveaux propriétaires ont apportée à l’espace est énorme! Le plafond en métal gaufré jadis peint en blanc a été décapé pour revenir au bronze naturel de ce matériel plutôt en vogue ces dernières années dans les restaurants de Montréal, mais je ne m’en plaindrai pas, j’adore la touche d’histoire et de cachet qu’il apporte à des lieux souvent très modernes et épurés. Par contre, au Provisions ce n’est pas le cas, les gros tuyaux argent accrochés au plafond dans le but de créer un look « industriel » n’existent pas ici, nous sommes plutôt enveloppés par la chaleur que le décor dégage, principalement due au bois foncé et rustique qui nous entoure. Nous pourrions être dans le quartier Shoreditch de Londres ou un peu plus près de nous, dans une taverne de luxe à Halifax où il serait normal de voir une cage à homard pendre du plafond.

Le concept du Provisions est vraiment sympathique…une ardoise au mur nous informe des ingrédients du jour, et tout comme au restaurant Hvor, on doit mentionner à notre serveur si nous ne voulons pas d’un certain ingrédient ou s’il y a des allergies à notre table, ensuite, on baisse la garde, et on laisse la cuisine nous surprendre. L’absence de menu permet de ne pas se tromper, comme les fois où on enviait l’assiette de la table d’à côté ou celle de notre amoureux, cette jalousie est impossible lorsque le chef créer un seul menu, mais différent tous les jours en partant des ingrédients frais du marché, de cette façon, on est certain de manger le meilleur en cuisine.

Hier, c’était le menu dégustation pour tout le monde au prix de 60$ par personne. Pour commencer, une corpulente brioche au beurre salé, réjouissante culpabilité. En deuxième service, un Tartare de veau avec compote d’aubergine, copeaux de manchego et graines de moutarde marinées…parfaitement balancé dans les textures et les goûts, superbe assiette! Ensuite, mon coup de coeur, une pieuvre grillée cuite à la perfection sur une sauce extrêmement savoureuse aux poivrons rouges, accompagnée d’oignon mariné et de coriandre fraîche…extraordinairement bon! Le quatrième service, quelques gnocchis dans une sauce semblable à celle de la pieuvre (probablement la même), je me suis donc réjoui de pouvoir prolonger le plaisir! Puis l’assiette de poisson arrive, un saumon appelé « ivoire » (une première en ce qui me concerne),  on m’explique que sa chair blanche est due à une alimentation différente de celle des saumons standards, je vous avoue l’avoir trouvé un peu sec et fade. On nous le sert avec une sauce aux trompettes de la mort, trop riche à mon goût, et le choix du robuste légume racine, inadéquat selon moi pour accompagner un poisson qui est normalement délicat et fondant. Première déception de la soirée!

Rendu là je commençais à trouver que le restaurant portait bien son nom, je me sentais comme un ours qui fait ses provisions avant d’aller hiberner pour l’hiver! Aussi gourmande et curieuse que je puisse être, 7 services c’est beaucoup, ça aurait été plus judicieux de réduire la grosseur de nos brioches, même si elles étaient absolument renversantes, une boule de pâte dans le fond de l’estomac pour commencer un menu dégustation? Mauvaise idée. J’aurais aussi aimé que le filet de poisson soit un peu plus petit pour me laisser de la place pour le reste, et qu’ils optent pour de petits cubes de boeuf versus deux grosses tranches en 6e service, question qu’il n’y ait pas de gaspillage. Ce boeuf était lui aussi parfaitement cuit, mais assis sur une salade d’endives et de fèves blanches malheureusement insipide. Pour ce qui est du dessert (qu’il fallait tout de même goûter rendu à ce point), on nous a apporté un gâteau aux bleuets fondant avec une crème pâtissière et des croquants de chocolat blanc, ils sont mal tombé, je déteste le chocolat blanc.

Conclusion: superbe expérience! Il ne fait aucun doute que les chefs Pablo Rojas, anciennement aux commandes du restaurant Le Petit Italien, et Hakim Rahal, autrefois chef du Laurie Raphaël, sont bourré de talent! J’y retournerai certainement, par contre en souhaitant que la prochaine fois nous ayons la possibilité de prendre une seule assiette.

Point bonus pour la gentille sommelière qui n’a jamais perdu son sourire ni sa patience malgré que ça aura pris 4 bouteilles de vin avant de tomber sur la bonne!

 

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Restaurant Provisions, 1268 Van Horne, Montréal.

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